Tout n’est pas parole d’Évangile

Ces écueils sont également un appel à chacun et à chacune d’entre nous, car pour s’en préserver, il faut savoir cultiver l’humilité, travailler sur notre ego, et développer l’étude saine et structurée. Car plus le socle de connaissance de l’individu sera étendu, plus l’évaluation de la teneur des messages sera sûre.

Ces écueils sont également un appel à chacun et à chacune d’entre nous, car pour s’en préserver, il faut savoir cultiver l’humilité, travailler sur notre ego, et développer l’étude saine et structurée. Car plus le socle de connaissance de l’individu sera étendu, plus l’évaluation de la teneur des messages sera sûre.

À tort, de nombreuses personnes acceptent tous les messages provenant du monde spirituel, se disant que parce qu’un Esprit l’a dit, c’est forcément vrai, à plus forte raison lorsque celui-ci se pare d’un nom illustre.

Quel postulat les spirites doivent-ils adopter face aux communications émanant de l’au-delà ? Celui que Kardec avait fait sien et qu’il tenait de l’Esprit Éraste qui lors d’une communication publiée dans « La Revue Spirite » de 1861 invitait toute personne à rejeter dix vérités afin de ne pas accepter une erreur.

Dans « Le Livre des Médiums », chapitre, XXIV, Allan Kardec nous donne une méthode infaillible pour se faire une idée d’un message, d’un point de vue qualitatif : quel langage utilise l’Esprit ?

Il n’est pas ici seulement question de la forme, mais également du fond. Certains Esprits dont le but est de tromper peuvent ne pas s’adonner à un langage trivial et, sous le couvert de belles phrases et de mots savants, distiller des énormités déguisées en vérités.

C’est grâce « à une appréciation purement morale » qu’il sera possible de se faire une idée de la qualité du message reçu. Il est clair que nous parlons ici des messages à caractère instructif que le monde spirituel peut être amené à nous transmettre.

Toujours au chapitre XXIV du « Livre des Médiums », Kardec nous alerte quant aux Esprits qui se parent de noms prestigieux ou de renom. Afin de donner du crédit à leurs messages, certaines entités se parent de noms censés faire accepter des propos dont le fond est vide d’enseignements réels ou pire, des propos cherchant à induire en erreur.

Voici ce qu’Allan Kardec écrit à ce propos : « Il faut également se défier des Esprits qui se présentent trop facilement sous des noms extrêmement vénérés, et n’accepter leurs paroles qu’avec la plus grande réserve ; c’est là surtout qu’un contrôle sévère est indispensable (…)

Si certains Esprits s’adonnent à de telles pratiques, c’est dans un but précis : « Par ce moyen, ils flattent la vanité du médium et en profitent pour l’induire souvent à des démarches regrettables ou ridicules. » Et ces démarches ont de regrettables conséquences pour l’individu, mais également pour le groupe.

Alors, comment faire la distinction entre le bon grain et l’ivraie ? C’est dans le même chapitre du « Livre des Médiums » que les indications nous sont données. Les bons Esprits, lorsqu’ils laissent un message, conseillent des démarches au « but sérieux et éminemment utile ». Ils répugnent à révéler le mal et redoublent de prudence vis-à-vis de ce qui pourrait s’avérer compromettant. Là où les bons cherchent à adoucir et apaiser, les mauvais « soufflent la zizanie par des insinuations perfides. »

Pour résumer, « toute maxime, tout conseil qui n’est pas strictement conforme à la pure charité évangélique ne peut être l’œuvre de bons Esprits. » (même source)

Pour comprendre les raisons de ces comportements, il faut se dire que la mort physique n’agit pas comme un filtre merveilleux qui rend tous les Esprits bons et bienveillants. L’homme mauvais ne perdra pas la composante négative de son comportement et restera le même dans le monde spirituel.

Afin de nous éclairer au mieux sur cette réalité, Allan Kardec a rédigé une échelle spirite qu’il publia dans « Le Livre des Esprits », au chapitre premier du Deuxième Livre.

Cette échelle est découpée en trois sections : tout en haut, les Purs Esprits que Kardec définit comme étant ceux ayant atteint le plus haut degré d’évolution, Esprits présidant à l’harmonie universelle. Viennent ensuite les Bons Esprits chez qui la volonté du bien est omniprésente sans qu’ils aient atteint pour autant les sphères les plus élevées de l’évolution. Puis nous trouvons le troisième ordre, celui des Esprits imparfaits. Au sein de cet ordre se retrouvent toutes les passions que nous connaissons sur Terre, depuis les Esprits impurs seulement animés par la volonté de faire le mal, jusqu’aux Esprits neutres qui « sont ni assez bons pour faire le bien, ni assez mauvais pour faire le mal ». Cette hiérarchisation n’a rien d’absolu et Kardec précise qu’elle n’existe que pour nous donner une idée plus claire des différents types d’Esprits que nous pourrions être amenés à rencontrer.

C’est justement dans cette dernière catégorie que nous trouverons ces Esprits qui cherchent à tromper et à manipuler, soit par ingénuité (parce qu’ils sont convaincus de leur fait malgré leur ignorance), soit par volonté de faire le mal.

C’est là une des principales raisons qui conduisent à éviter de pratiquer la médiumnité seul. Si un groupe peut se laisser abuser, qu’en sera-t-il d’une personne seule ? Aussi, les messages obtenus en groupe sont soumis à l’analyse du groupe et donc, de plusieurs filtres.

Ces écueils sont également un appel à chacun et à chacune d’entre nous, car pour s’en préserver, il faut savoir cultiver l’humilité, travailler sur notre ego, et développer l’étude saine et structurée. Car plus le socle de connaissance de l’individu sera étendu, plus l’évaluation de la teneur des messages sera sûre.

Et lorsque cela se produit, que nous avons accordé du crédit à des propos qui n’en méritaient pas, il faut avoir l’humilité et la simplicité de le reconnaître, sans en éprouver la moindre honte, mais en prenant conscience de nos lacunes afin de redoubler de vigilance pour que cela ne se reproduise pas.

Et lorsque nous nous rendons compte que des messages obtenus par une ou des personnes ne sont pas ce qu’ils semblent être, agissons avec charité et bienveillance afin d’aider le ou les compagnons à se rendre compte de l’erreur, sans blesser, sans juger, avec amour et fraternité.

Auteur : Pierre-Etienne JAY

Étude parue dans Vignes de Lumière n°6, Janvier 2015

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