De la gratuité de la médiumnité

« Par ailleurs, la médiumnité n’est pas l’exclusivité de ceux que l’on appelle « médiums ». Tous les êtres la possèdent, vu qu’elle signifie perception spirituelle qui doit être stimulée en nous-mêmes »

(Missionnaires de la Lumière, ch. 3)

Dans un cadre spirite, l’utilité de la médiumnité est de fournir une aide et un moyen d’évolution.

Rendre visite à des médiums à la compétence reconnue dans la relation avec les deux mondes, possesseurs de facultés magnifiques dans le secteur de l’information, revient au même que d’entrer en contact avec les propriétaires d’une superbe fortune. Si le détenteur de si grands biens ne se trouve pas intéressé à dépenser les moyens dont il dispose en faveur de la félicité de ses semblables, la connaissance et l’argent ne feront qu’aggraver ses engagements dans l’égoïsme pratiqué, dans la distraction inopérante ou dans la perte lamentable de temps.

(Libération, ch. 11.)

De fait, aucun médium n’a à débourser quoi que ce soit pour voir sa médiumnité éclore : elle est le résultat d’un processus organique au cœur duquel se trouve une glande, la glande pinéale appelée également épiphyse, située dans notre boîte crânienne. Et toute personne incarnée en possède une !

S’adressant à ses apôtres qu’il envoyait en mission auprès des « brebis perdues », leur préconisant de guérir les malades, de ressusciter les morts, de purifier les lépreux ou encore d’expulser les démons, Jésus leur donna cette recommandation expresse : « Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement. » (Matthieu, 10:8, traduction de Sacy).

Il demandait par là de ne solliciter aucune rétribution pour le bien qu’ils faisaient en recourant aux dons de la médiumnité et de l’élévation spirituelle pour soulager les maux d’autrui, attendu qu’ils n’avaient rien donné en échange de ces capacités.

Si nous transposons cela de nos jours, nous comprendrons aisément que l’usage de la médiumnité est soumis à la même recommandation. De fait, aucun médium n’a à débourser quoi que ce soit pour voir sa médiumnité éclore : elle est le résultat d’un processus organique au cœur duquel se trouve une glande, la glande pinéale appelée également épiphyse, située dans notre boîte crânienne. Et toute personne incarnée en possède une !

Dans Le Livre des Médiums, ch. XIV, Kardec affirme : « Toute personne qui ressent à un degré quelconque l’influence des Esprits est, par cela même, médium. (…) Toutefois, dans l’usage, cette qualification ne s’applique qu’à ceux chez lesquels la faculté médianimique est nettement caractérisée ».

Il veut ainsi nous faire comprendre que tous nous sommes sensibles à l’action du monde invisible sur nous-mêmes, mais que seulement certaines personnes ont cette sensibilité plus exacerbée, aboutissant aux manifestations dites médiumniques. C’est donc bien la confirmation que nous avons reçu ce « don » gratuitement, « don » qui vient de Dieu. Et le Christ, que Dieu nous a envoyé pour nous montrer le chemin, nous demande de donner gratuitement ce que gratuitement nous avons reçu.

Dans un cadre spirite, l’utilité de la médiumnité est de fournir une aide et un moyen d’évolution. Par son intermédiaire, de nombreuses belles choses peuvent être accomplies : obtention de messages réconfortants ou édifiants, soins, traitement d’obsession spirituelle, etc. Les bons Esprits, par le biais des médiums, apportent leur collaboration dans notre cheminement terrestre et nos efforts d’amélioration et de soulagement des souffrances. Nous demandent-ils quelque chose pour cela ?

Oui, mais certainement pas des espèces sonnantes et trébuchantes. Les Esprits supérieurs attendent de nous des choses à la fois simples et évidentes. Voici ce que Goubio, mentor d’André Luiz dans l’ouvrage Libération (ch.11) attend des personnes souhaitant s’adonner au travail médiumnique : « il est indispensable que le climat de la prière, du renoncement édifiant, de l’esprit de service et de la foi rénovatrice, par l’intermédiaire de modèles moraux qui ennoblissent, constitue la note fondamentale de nos activités ». Et dans l’ouvrage Paroles de Chico Xavier, Chico nous dit que « tous les médiums sont invités à étudier afin de servir avec plus de sécurité. » Enfin, dans L’Évangile selon le Spiritisme, Allan Kardec est on ne peut plus clair : « la première condition pour se concilier la bienveillance des bons Esprits, c’est l’humilité, le dévouement, l’abnégation, le désintéressement moral et matériel le plus absolu. »

Si donc les Esprits supérieurs n’attendent de nous qu’amélioration et étude, de quel droit le médium pourrait-il troquer l’aide dont il n’est QUE l’intermédiaire contre de l’argent ou des biens matériels ? Ne perdons pas de vue que la médiumnité est un don de Dieu et que par cela même, elle se revêt d’un caractère sacré. Par la gratuité de ce don, « Dieu veut que la lumière arrive à tout le monde », nous dit Kardec.

Alors, qu’adviendrait-il si d’aventure un médium se décidait à faire commerce de ses aptitudes médiumniques ? « On sait l’aversion des Esprits pour tout ce qui sent la cupidité et l’égoïsme, le peu de cas qu’ils font des choses matérielles (…) les bons Esprits s’éloignent de quiconque prétendrait s’en faire un marchepied pour arriver à quoi que ce soit qui ne répondrait pas aux vues de la Providence », explique Allan Kardec dans Le Livre des Médiums. Alors, si la place reste vacante, elle sera comblée par ceux qui n’auraient aucun scrupule à s’allier à un médium vénal et un exemple concret de ce qu’il adviendra alors se trouve consigné dans les pages du livre « Libération ».

Induit par l’action de bons Esprits, un homme cherche à conduire son épouse, victime d’une terrible obsession, auprès d’un médium pour recevoir une orientation claire et débloquer sa situation. Mais la jeune femme se retrouve dans le cabinet d’un médium intéressé dont le conseiller spirituel n’est autre qu’un Esprit de peu d’évolution, les bons ayant pris leurs distances. Ledit Esprit se laisse soudoyer par le chef des obsesseurs afin de délivrer des informations erronées. Ni le médium, ni sa cliente ou son mari ne se rendent compte de ce qui se passe et le mal est fait.

S’il y a là des personnes qui voient dans la médiumnité un moyen d’enrichissement personnel ou une manière de se mettre en avant, il y a également des personnes qui, pleines de leur bonne foi, souhaitent se mettre au service d’autrui à plein temps, estimant la rétribution de leur concours comme quelque chose de juste et naturel, ne demandant qu’une somme modique ou adaptant leurs tarifs aux possibilités de leurs clients. Alors, que faut-il en penser ?

Une fois encore, c’est auprès d’Allan Kardec que nous trouverons une réponse des plus explicites : « Que celui donc qui n’a pas de quoi vivre cherche des ressources ailleurs que dans la médiumnité ; qu’il n’y consacre, s’il le faut, que le temps dont il peut disposer matériellement. Les Esprits lui tiendront compte de son dévouement et de ses sacrifices, tandis qu’ils se retirent de ceux qui espèrent s’en faire un marchepied. »

Mais au-delà de la simple notion commerciale, aucun médium ne peut se vanter d’avoir, à volonté, des communications avec les Esprits qu’il souhaite, à plus forte raison s’il s’agit de bons Esprits. Marcel Souto Maior, auteur de la biographie Les vies de Chico Xavier, nous rapporte les paroles de l’illustre médium brésilien qui, s’excusant de ne pouvoir obtenir invariablement les communications que les gens attendaient, disait que « le téléphone sonne de leur côté vers le nôtre ».

C’est donc avec assurance que nous pouvons dire qu’en aucun cas, la professionnalisation de la médiumnité n’est envisageable. Francisco Cândido Xavier, dit Chico, a donné sa vie aux autres, mettant à la disposition du plus grand nombre sa médiumnité. Emmanuel, son guide, a été on ne peut plus clair avec lui. Jamais il ne devrait abandonner son emploi pour se consacrer à la médiumnité. Pour cela, il avait toutes ses nuits de libres. Et Chico jamais n’a accepté de recevoir le moindre centime, allant à donner d’une main ce qu’il avait reçu de l’autre, se trouvant parfois dans l’impossibilité de refuser ce que certaines personnes insistantes voulaient lui donner.

Le travail de la médiumnité demande abnégation, humilité, amour et foi. Conservons à l’esprit que ce sont nos frères de l’invisible qui président au travail médiumnique et que les médiums ne sont entre leurs mains aimantes que de simples outils. Et c’est à chacune des personnes qui souhaitent se mettre à disposition du monde spirituel de s’efforcer à être des outils les mieux préparés possible, par leur prise de conscience et leur dévouement à l’ouvrage auquel elles ont été conviées.

Nous laisserons la conclusion à Allan Kardec quand il écrivit, dans L’Évangile selon le Spiritisme : « La médiumnité est une chose sainte qui doit être pratiquée saintement, religieusement. (…) Jésus et les apôtres, quoique pauvres, ne faisaient point payer les guérisons qu’ils opéraient. »

Auteur : Pierre-Etienne JAY

Étude parue dans Vignes de Lumière n°5, Novembre 2014

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