La Foi (1ère partie)

« La foi religieuse donne seulement l’espérance : le spiritisme donne la certitude et fait toucher la réalité. »

 -Synthèse Doctrinale et Pratique du Spiritualisme, Léon Denis

La foi ne se commande pas et ne s’impose pas. Elle fait partie du chemin de chaque individu qui, avançant pas à pas, découvre, comprend, assimile et accepte.

« (…) la foi doit reposer sur le fond solide que lui offrent le libre examen et la liberté de penser. Au lieu de dogmes et de mystères, elle ne doit reconnaître que des principes découlant de l’observation directe, de l’étude des lois naturelles. Tel est le caractère de la foi spirite. »

– Le problème de l’Être et de la destiné, Léon Denis

La sagesse divine implique la confiance en notre chemin de vie pour notre édification tandis que la justice implique une acceptation des épreuves résultantes de la loi de cause à effet. Ces facteurs se retrouvent dans chacune de nos situations de vie.

« (…) arrivés à un certain degré de développement, les hommes recherchent eux-mêmes la lumière vive ; l’obscurité leur pèse. Dieu leur ayant donné l’intelligence pour comprendre et pour se guider dans les choses de la terre et du ciel, ils veulent raisonner leur foi ; c’est alors qu’il ne faut pas mettre la lampe sous le boisseau, car sans la lumière de la raison, la foi s’affaiblit. »

 – Évangile selon le spiritisme, Chap.24

« Je suis grande et forte ; celui qui me possède ne craint ni le fer ni le feu : il est à l’épreuve de toutes les souffrances physiques et morales. Je rayonne sur vous avec un flambeau dont les jets étincelants se reflètent au fond de vos cœurs, et je vous communique la force et la vie. On dit, parmi vous, que je soulève les montagnes, et moi je vous dis : Je viens soulever le monde, car le Spiritisme est le levier qui doit m’aider. Ralliez-vous donc à moi, je viens vous y convier : je suis la Foi. »

– Revue Spirite,  Fév.1862

Aussi loin que remontent les enseignements qui nous ont été transmis, la foi a toujours été synonyme pour les hommes d’une armure solide nous protégeant de nos doutes et nos craintes, nous aidant à avancer sur le long du chemin menant vers le progrès moral. Cette foi merveilleuse nous porte tel un radeau insubmersible naviguant sur un fleuve puissant, au-dessus des flots tumultueux avec la certitude d’atteindre la mer sans encombre. Grâce à elle, par la confiance inébranlable qu’elle engendre, les obstacles deviennent plus petits et plus abordables, louant par là même la sagesse Divine et la mise en valeur de nos capacités.

Quelle est donc la nature exacte de cette armure ? Comment l’acquérir ? Bien comprendre la foi, c’est comprendre l’ordre des choses, la nature divine et la nature humaine. Les Esprits supérieurs nous ont enseigné tout d’abord au travers des Saintes Écritures, puis au fil du temps par l’enseignement des Sages et plus récemment avec la Codification Spirite, que la foi est comme une flamme qui s’allume progressivement, alimentée par la connaissance, la compréhension et l’Amour de notre Créateur.

La foi ne se commande pas et ne s’impose pas. Elle fait partie du chemin de chaque individu qui, avançant pas à pas, découvre, comprend, assimile et accepte. Chacune de ces étapes est fondamentale, et sert à consolider son lien avec Dieu, construisant ainsi une foi inébranlable pouvant résister à l’épreuve. Tout comme le progrès moral, le processus naturel de l’acquisition de la foi ne peut être forcé, ni imposé.

La foi possède de multiples facettes toutes aussi importantes les unes que les autres, permettant de bien définir ce qu’elle implique et les conséquences précises de chacun de ces aspects. On ne peut simplement considérer qu’avoir la foi signifie ‘croire’, alors qu’il y a tant de façons de mettre en place une croyance : on peut tout d’abord croire suite à une observation, ou bien parce qu’on a confiance en quelque chose ou quelqu’un. On peut aussi croire par la déduction logique ou un raisonnement. Parfois, une conviction naît simplement parce qu’on a envie de croire ou par espoir qu’une chose arrive.

Pendant de nombreux siècles, la foi, qualifiée de ‘religieuse’, a été imposée aux uns et aux autres sans aucune sorte d’approche par la raison, mais proposant uniquement des concepts dogmatiques souvent au service de questions de pouvoir. Il en a résulté une foi aveugle et stérile qui a entretenu un temps les prosélytes dans leurs croyances. La foi aveugle se caractérise une croyance fortement motivée, mais vide de compréhension. Bien que sincère et ardente, elle peut être très affaiblie par une somme d’impasses ayant pour conséquence de ne rien pouvoir expliquer autrement que par les mythes ou les dogmes.

Aujourd’hui encore, malgré l’évolution des mentalités et de la connaissance, cette même foi aveugle est toujours présente. Cependant, celle-ci est régulièrement mise à mal par les matérialistes, les hommes de science, ou encore les personnes faisant preuve de pragmatisme devant la réalité des problèmes de notre société moderne. Ce phénomène engendre un climat de négation et de rejet des questions spirituelles, voire de toute idée de l’existence de Dieu.

Lorsqu’on approfondit les enseignements relatifs à la foi, on s’aperçoit qu’une compréhension plus vaste de la réalité du monde spirituel et des principes de fonctionnement des lois universelles contribue fortement à acquérir une foi solide et construite permettant de mieux résister aux doutes ou à l’argumentation. Elle devient un peu plus synonyme de raison et d’intelligence. L’Évangile selon le Spiritisme nous le rappelle dans son introduction : « Il n’y a de foi inébranlable que celle qui peut regarder la raison face à face, à tous les âges de l’humanité ».

Le premier obstacle sur la route d’un être humain, c’est lui-même. Afin de surmonter les vicissitudes des épreuves d’une incarnation et les conséquences de la loi de cause à effet, l’homme pourra tout d’abord chercher à acquérir la confiance dans ses propres capacités. En effet, on néglige souvent de considérer notre propre potentiel. Un Esprit nous explique dans l’Évangile selon le Spiritisme : « Si tous les incarnés étaient bien persuadés de la force qu’ils ont en eux, et s’ils voulaient mettre leur volonté au service de cette force, ils seraient capables d’accomplir ce que, jusqu’à présent, on a appelé des prodiges, et qui n’est simplement qu’un développement des facultés humaines ». (Paris, 1863)

Bien qu’étant un bon début, la confiance en soi ne suffit pas à construire la foi. Elle doit également puiser sa source dans une confiance absolue et sans réserve dans la justice et la sagesse divine. Ces deux derniers aspects apportent des éléments essentiels à la compréhension de la foi. La sagesse divine implique la confiance en notre chemin de vie pour notre édification tandis que la justice implique une acceptation des épreuves résultantes de la loi de cause à effet. Ces facteurs se retrouvent dans chacune de nos situations de vie.

Il est parfois difficile au gré des aléas de la vie de prendre en compte la justice et la sagesse divine. Le sentiment de révolte peut nous guetter et permettre au doute de s’installer en fonction de la gravité des épreuves. C’est le plus souvent par l’expérience, ainsi qu’à une solide connaissance que s’effacera le doute au profit de la réflexion. On confond parfois ces deux attitudes. Le doute est un sentiment négatif qui peut devenir destructeur, entrainant avec lui nos capacités propres et nos convictions tout en freinant ou paralysant notre avancement. La réflexion est par contre un sentiment positif constructeur, qui permet de puiser en soi les ressources, la connaissance, sans nuire à la dynamique du progrès. D’une certaine manière, la réflexion est créatrice et nous rassure, utilisant le principe même de l’intelligence dont nous sommes dotés afin de pouvoir correctement user de notre libre arbitre.

Un autre écueil sur le chemin de la compréhension de la foi est la présomption. Celle-ci se traduit par une confiance exagérée dans l’accomplissement d’évènements attendus ou souhaités, contraires aux principes de la loi de progrès. La codification est très claire sur nos devoirs et la part déterminée de nos responsabilités au cours de nos existences. La présomption résulte souvent de l’orgueil ou de l’insouciance faisant fi de nos devoirs. Déterminer si nous sommes trop présomptueux ou non face à une décision est très instructif. Cette réflexion nous permet de mieux comprendre le rôle du monde spirituel et de mieux appréhender ce qui relève de notre responsabilité tout en renforçant notre humilité.

Le sentiment de fatalité est également un ennemi de la foi. Il est engendré par une perte de confiance, et un oubli de l’Amour de notre Créateur. Être fataliste permet de se réfugier derrière ce que l’on considère aussi comme une forme d’impuissance et de renoncement à lutter, négligeant totalement l’usage de son libre arbitre. La perte de confiance nous fait le plus souvent oublier combien toutes nos épreuves ont un sens et une raison d’être.

Auteur : Richard Buono

Étude parue dans Vignes de Lumière n°4, Septembre 2014

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