La Prière

  1. Quel est le caractère général de la prière ?

« La prière est un acte d’adoration. Prier Dieu, c’est penser à lui ; c’est se rapprocher de lui ; c’est se mettre en communication avec lui. Par la prière, on peut se proposer trois choses : louer, demander, remercier. »

– LE LIVRE DES ESPRITS

  1. La prière est-elle agréable à Dieu ?

« La prière est toujours agréable à Dieu quand elle est dictée par le cœur, car l’intention est tout pour lui, et la prière du cœur est préférable à celle que tu peux lire, quelque belle qu’elle soit, si tu la lis plus avec les lèvres qu’avec la pensée. La prière est agréable à Dieu quand elle est dite avec foi, ferveur et sincérité ; mais ne crois pas qu’il soit touché de celle de l’homme vain, orgueilleux et égoïste, à moins que ce ne soit de sa part un acte de sincère repentir et de véritable humilité. »

 – LE LIVRE DES ESPRITS

Penser que les longues prières, fréquemment répétées, assorties de belles formules avec des mots sublimes les rendent plus efficace est également inexact. C’est l’élan de l’âme, le désir sincère usant de ses propres mots dans la simplicité qui est agréable à Dieu.

La prière est non seulement un privilège sublime, mais aussi une source inépuisable de bonheur. L’instant de la prière est un moment de communion avec Dieu. Dans ce moment unique et précieux, l’âme se tourne vers son Créateur pour élever son cœur au-dessus des tourmentes.

Depuis l’origine des temps, au sein de tous les peuples, les hommes prient. C’est un acte naturel, instinctif, qui réalisé avec plus ou moins de conviction spirituelle les a toujours accompagnés dans leur quête vers la communion avec la ou les divinités auxquelles ils sont attachés. Notre modèle Jésus-Christ nous a apporté beaucoup d’enseignements sur cet acte essentiel qu’est la prière avec la belle promesse qu’elle recevrait toujours une réponse (« Quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière, croyez que vous l’obtiendrez, et il vous sera accordé »— Marc, 11:24 )

Interpréter les paroles de Jésus en pensant que la prière ne sert qu’à demander serait une erreur. Il est vrai que le plus souvent, les prières demandent des faveurs, de l’aide pour soi-même ou bien autrui. Mais la prière sert également à remercier pour tout ce qui nous a été accordé, faisant aussi preuve de reconnaissance pour toutes les aides reçues. De même, la prière est un moyen de louer ou glorifier Dieu, de manifester son exaltation devant la perfection des lois naturelles, et de sa justice.

Jésus nous apprend également que la prière doit être assortie de certaines qualités pour être efficace. La première est l’humilité. Une prière empreinte d’orgueil donnant le sentiment que la réponse est due, ou mettant en avant ses propres qualités au détriment de ses faiblesses, n’aura que peu d’effet. (« (…)car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. »- Luc 18:14—Parabole du Publicain). Il conviendra de faire un examen de ses défauts, et non de ses qualités.

Penser que les longues prières, fréquemment répétées, assorties de belles formules avec des mots sublimes les rendent plus efficace est également inexact. C’est l’élan de l’âme, le désir sincère usant de ses propres mots dans la simplicité qui est agréable à Dieu (« En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés »– Mat. 6:7) Il est essentiel de garder à l’esprit que chaque prière doit être dite avec les mots de son cœur, sans qu’il soit nécessaire de réciter sans conviction les mots d’un autre. Citons ce texte qui résume bien cette pensée : « Les Esprits ont toujours dit : «La forme n’est rien, la pensée est tout. Priez chacun selon vos convictions et le mode qui vous touche le plus ; une bonne pensée vaut mieux que de nombreuses paroles où le cœur n’est pour rien.» Les Esprits ne prescrivent aucune formule absolue de prières ; lorsqu’ils en donnent, c’est afin de fixer les idées, et surtout pour appeler l’attention sur certains principes de la doctrine spirite. C’est aussi dans le but de venir en aide aux personnes qui sont embarrassées pour rendre leurs idées, car il en est qui ne croiraient pas avoir réellement prié si leurs pensées n’étaient pas formulées. » (Évangile selon le Spiritisme, chap XXVIII – préambule).

A ceux qui se demandent pourquoi prier si Dieu connait tout nos besoins ( «(…) votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez »– Mat. 6:8 ), Allan Kardec répond dans la Revue Spirite de janvier 1866 en ces termes : « A l’égard de la Divinité c’est un acte d’adoration, d’humilité et de soumission auquel on ne peut se réfuter sans méconnaître la puissance et la bonté du Créateur. Dénier la prière à Dieu, c’est reconnaître Dieu comme un fait, mais c’est refuser de lui rendre hommage ; c’est encore là une révolte de l’orgueil humain. »

Bien que de bonne foi, certains objectent qu’on ne peux rien changer à nos existences et que tout est écrit à l’avance. Il ne servirait donc à rien de demander ce qui ne peut être changé. Certes, l’homme est soumis à des lois générales, mais penser que tout est écrit d’une manière irrévocable signifierait que nous n’avons aucune liberté d’action, puisque tout est inéluctable. Cela irait bien sûr à l’encontre du libre arbitre, qui nous permet de faire des choix. Nous pouvons donc demander une aide concrète ainsi que des conseils par la prière. Citons la Revue Spirite de mai 1866 : « Il est une vérité incontestable, c’est que Dieu n’intervertit et ne suspend pour personne le cours des lois qui régissent l’univers ; sans cela, l’ordre de la nature serait incessamment bouleversé par le caprice du premier venu. Il est donc certain que toute prière qui ne pourrait être exaucée que par une dérogation à ces lois demeure sans effet ; telle serait, par exemple, celle qui aurait pour objet le retour à la vie d’un homme véritablement mort, ou le rétablissement de la santé si le désordre de l’organisme est irrémédiable. (…) Dans la limite des choses qui dépendent de la volonté de l’homme, Dieu peut donc, sans déroger à ses lois, accéder à une prière lorsqu’elle est juste, et que l’accomplissement peut en être utile (…) »

Ces paroles nous permettent de comprendre que nous avons toujours une marge de manœuvre, confirmant une immense utilité de la prière. Continuons avec la Revue Spirite de mai 1866 : « (…)Les Esprits, exécuteurs de ses volontés, sont alors chargés de provoquer les circonstances qui doivent amener le résultat désiré. Ce résultat requiert presque toujours le concours de quelque incarné ; c’est donc ce concours que les Esprits préparent en inspirant à ceux qui doivent y coopérer la pensée d’une démarche, en les incitant à se rendre sur un point plutôt que sur un autre, en provoquant des rencontres propices qui semblent dues au hasard ; or, le hasard n’existe pas plus dans l’assistance qu’on reçoit que dans les malheurs qu’on éprouve. (…) »

Cependant, il serait hasardeux de penser que les choses se feront toutes seules, et que, sans que nous levions le petit doigt, à l’aide d’une simple requête, le miracle pourrait s’accomplir. L’Évangile selon le Spiritisme, chapitre XXVII consacré à la prière nous rappelle : « Ce que Dieu lui accordera, s’il s’adresse à lui avec confiance, c’est le courage, la patience et la résignation. Ce qu’il lui accordera encore, ce sont les moyens de se tirer lui-même d’embarras, à l’aide des idées qu’il lui fait suggérer par les bons Esprits, lui en laissant ainsi le mérite ; il assiste ceux qui s’aident eux-mêmes, selon cette maxime : «Aide-toi, le ciel t’aidera,» et non ceux qui attendent tout d’un secours étranger sans faire usage de leurs propres facultés » Quelles que soient la requête et les circonstances, il ne faut jamais oublier que nous avons aussi notre part à faire pour obtenir de l’aide.

Une des parts consiste à nous efforcer d’avoir fait de notre mieux pour nous purifier avant de présenter une requête. Jésus nous le rappelle en ces termes : « Lorsque vous vous présentez pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, afin que votre Père, qui est dans les cieux, vous pardonne aussi vos péchés. – Si vous ne pardonnez, votre Père, qui est dans les cieux, ne vous pardonnera point non plus vos péchés. » (Marc 11:25-26). Ces paroles sages nous montrent que nous devons être cohérents. Comment pouvons-nous demander pour nous ce que nous ne donnons pas la peine de faire pour autrui ?

La prière étant universelle, tout cultes et toutes confessions réunis, le spirite se demande souvent quel caractère donner à celle-ci lors des réunions. Allan Kardec ayant toujours voulu placer le Spiritisme au dessus des religions, nous donne des indications à ce sujet dans la Revue Spirite de janvier 1866 : «(…) Dans les réunions spirites, la prière prédispose au recueillement, à la gravité, condition indispensable, comme on le sait, pour les communications sérieuses. Est-ce à dire qu’il faille les transformer en assemblées religieuses ? En aucune façon ; le sentiment religieux n’est pas synonyme de religionnaire ; on doit même éviter ce qui pourrait donner aux réunions ce dernier caractère. C’est dans ce but que nous y avons constamment désapprouvé les prières et les symboles liturgiques d’un culte quelconque. Il ne faut pas oublier que le Spiritisme doit tendre au rapprochement des diverses communions ; déjà il n’est pas rare de voir dans ces réunions fraterniser des représentants de différents cultes, c’est pourquoi aucun ne doit s’y arroger la suprématie (…) ». Et de continuer ensuite avec ce sage conseil : « (…) Que chacun en son particulier prie comme il l’entend, c’est un droit de conscience ; mais dans une assemblée fondée sur le principe de la charité, on doit s’abstenir de tout ce qui pourrait blesser des susceptibilités, et tendre à maintenir un antagonisme que l’on doit au contraire s’efforcer de faire disparaître »

Dans un tout autre registre, il est bon de rappeler que la prière agit comme une invocation et parvient toujours à destination. Elle nous permet de nous relier par la pensée à l’Etre Suprême ou tout autre destinataire. Il est en effet possible d’user de la prière aussi bien pour prier Dieu, que nos Guides, ou bien tout autre Esprit désincarné ou incarné. Un peu comme un service postal parfait, toutes les requêtes, prières aux familiers, parents ou amis disparus, arriveront à destination immédiatement ou en temps voulu.

La prière s’avère également cruciale dans certaines activités de groupe dont l’objectif est l’aide aux Esprits souffrants. Pour ces derniers, la prière est indispensable, leur apportant du réconfort et de l’apaisement. Bien souvent, les prières aux souffrants leur redonnent du courage et l’envie de s’engager sur le chemin de la reconstruction. Certains groupes se spécialisent même dans ce domaine, et œuvrent pour une aide aux nombreux Esprits souffrants qui ont besoin de réconfort dans leurs terribles épreuves.

Les Esprits supérieurs nous recommandent de considérer l’Oraison Dominicale comme le plus parfait modèle. L’Évangile selon le Spiritisme (I Prières générales— Oraison dominicale) nous le rappelle en ces termes : « De toutes les prières, c’est celle qu’ils mettent au premier rang, soit parce qu’elle vient de Jésus lui-même (saint Matthieu, ch.5 . de 9 à 13), soit parce qu’elle peut les suppléer toutes selon la pensée qu’on y attache ; c’est le plus parfait modèle de concision, véritable chef-d’œuvre de sublimité dans sa simplicité. En effet, sous la forme la plus restreinte, elle résume tous les devoirs de l’homme envers Dieu, envers lui-même et envers le prochain ; elle renferme une profession de foi, un acte d’adoration et de soumission, la demande des choses nécessaires à la vie, et le principe de la charité. La dire à l’intention de quelqu’un, c’est demander pour lui ce qu’on demanderait pour soi. »

La prière est non seulement un privilège sublime, mais aussi une source inépuisable de bonheur. L’instant de la prière est un moment de communion avec Dieu. Dans ce moment unique et précieux, l’âme se tourne vers son Créateur pour élever son cœur au-dessus des tourmentes. Citons pour finir l’Évangile selon le Spiritisme : « La prière ! ah ! combien sont touchantes les paroles qui sortent de la bouche à l’heure où l’on prie ! La prière, c’est la rosée divine qui détruit la trop grande chaleur des passions ; fille aînée de la foi, elle nous mène dans le sentier qui conduit à Dieu. Dans le recueillement et la solitude, vous êtes avec Dieu ; »

Auteur : Richard Buono

Étude parue dans Vignes de Lumière n°1, Mars 2014

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